Le texte qui suit pourra provoquer certaines personnes. Je préviens de prime abord que je n’effectue en aucun cas une généralisation abusive à travers mon témoignage et que les faits ci-dessous représentent des analyses et des observations effectuées.
Je suis découragée. Découragée de vous voir les femmes. Je me demande encore qu’est-ce qu’une femme au 21e siècle? Nous devons peut-être changer notre nom pour femme-marchande ou femme-en-manque-d’estime-de-soi. Il y a une entrée fracassante dans la sexualité. Je suis incapable de supporter les strings et les nombrils à l'air désormais si courant à partir de sept ou huit ans, hiver comme été, accompagnés d'un maquillage rehaussant le côté femelle, les tenues moulantes et je suis bien incapable de prédire la prochaine tendance! La culture hip-hop latino ou américaine imprègne l'univers du vidéoclip où les teenmodels de 14 ans sont habillées de peu. Partout en Occident, les corps se portent à moitié nus depuis longtemps. Et ne vous sentez pas fières mesdames les Libanaises, Syrienne ou Magrhebine…Il y a des préoccupations à faire dans nos communautés des effets pervers de ce mimétisme sexuel des gamines, précipitées dans l'âge adulte plus tôt que jamais! Après on parle de libération de la femme ayant une dignité intrinsèque! Foutaise!
Les femmes sont pitoyables, elle se déshabille et rehausse leur corps en provoquant le regard de l’homme croyant ainsi pouvoir trouver l’amour de sa vie. Je suppose qu’il y a une incompréhension profonde de la relation des sexes. Ne voyez donc pas que l’amour de nos jours se base sur une attirance strictement sexuelle? Croyez-vous réellement à l’amour pur, digne de Roméo et Juliette ou de Rose et Jack dans Titanic? Si c’est cela que vous vouliez… je ne crois pas que la solution serait de vous marchander le corps en public!
Deux choses m'inquiètent dans tout ça. D'abord, j’ai visionné une partie de la série documentaire de Francine Pelletier, Baise-majesté, était éloquente : les femmes mendient encore l'amour en acceptant des pratiques sexuelles où elles ne prennent pas leur pied. Pourquoi? Pour se faire aimer. Pour rester dans le regard des hommes, pour se faire pardonner de prendre ailleurs la place qui leur revient. Sur le plan émotionnel, les femmes sont encore bien accommodantes pour qu'on valide leur droit d'exister sur la place publique et l’estime de soi reste une conquête inachevée.
Deuxième inconfort : tout le matraquage intellectuel autour du girl power, ce concept superficiel et éphémère qu'une partie des jeunes achètent comme une recette miracle pour se penser « in ». Faut-il rappeler l'ampleur de la machine économique derrière Madonna ou Britney Spears? Après on affirme être fière de notre émancipation! Quel ridicule! Interrogez vos pairs masculins sur la sexualisation de l'espace public et revenez-moi avec leurs opinions. Même si une partie d'entre eux profitent d'une offre sexuelle débridée, je crois que leur discours révélera un malaise. Pourquoi, sinon, retrouverait-on autant de gars de 20 ou 25 ans en panne de désir, hantés par le vide? Le problème bien évidemment ne se base pas strictement sur le caractère physique de la jeune fille (puisque c’est trop facile) mais lorsque nous voyons l’artificialité de la femme, de ses préoccupations à son corps physique plutôt que de son intellect et de son désir incessant de s’affirmer comme la plus belle de la communauté! Je peux comprendre la lassitude de ces hommes à vouloir ne pas se marier à tout prix.
Bref, j’en ai marre de votre non-opiniâtreté, de votre sois-disant impuissance et de votre harassement à ne pas vous tenir debout et à combattre pour la cause de ces nombreuses femmes musulmanes qui se battent jour et nuit afin de se faire reconnaître leur place et leur égalité en Occident. J’en ai marre que vous ne vous intéressiez à rien d’autre qu’à vos sacoches dispendieuses, à vos talons hauts, alors que des femmes dignes de leur nom comme Najat Mustapha ou Samira Laouni se retroussent les manches afin d’accéder à la sphère politique.
Bien entendu, je ne vise absolument pas à éradiquer sur la sphère publique l’arrangement de la beauté féminine comme tel. Cependant, je vise la modestie. Vous pouvez être belle tout en ouvrant vos horizons sur les débats sociétaux. Vous pouvez vous vêtir fièrement, être fière de ce que vous portiez et vous affirmer en tant que femme, tout en respectant une certaine dignité et éthique morales. Cependant, on reste dans notre je-m’en-foutisme ambiant, sans profiter de notre jeunesse et de notre vivacité d’esprit.. Faut-il accorder raison à Emmanuel Kant lorsqu’il cite : que seul le sexe masculin, dans notre espèce, est libre de toute tendance à régner sur les femmes (car il a le privilège de la force et la femme celui de l'attrait)? Qu’en pensez-vous?
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