Des responsables religieux musulmans indonésiens ont appelé les internautes à utiliser avec circonspection les sites de socialisation comme Facebook, susceptible de favoriser les commérages et l’obscénité. Récemment réunis dans une école coranique de l’île de Java, quelques centaines de religieux ont débattu de l’explosion d’internet et de ses conséquences religieuses, morales et éducatives. Au terme de leur réunion, ils ont publié un “avis”, reconnaissant que les sites comme Facebook permettaient de réduire les frontières et de favoriser les contacts. Mais le fait qu’ils “favorisent les commérages et la critique des autres est contraire à la loi de l’islam”, précise le texte. »
Regardons le problème de plus proche. Je m’assume, j’ai un compte facebook. L’objectif de cela? Rester en contact avec mes amis, quoique je ne cache pas mon côté « voyeur » et « curieux » à connaître la vie quotidienne des autres. Est-ce un mal? Je ne crois pas, dans la mesure que je reste dans mes limites et dans le respect de l’Autre.
Cela dit, plusieurs intellectuels musulmans voient le site virtuel facebook comme potentiellement dangereux dans la mesure qu’il amène l’individu à s’enfermer dans son individualisme. Cet «hyperindividualisme» qui construit notre identité ne se construit pas en rapport avec les autres, mais en repli sur soi-même. On rejette tout ce qui nous est étranger, autant sur le plan des idéologies que de la morale. On le voit avec Facebook, où tout n'est que choix personnels. C'est je, me, moi. L'important n'est pas ce qui est dit et échangé avec les autres, mais le fait de se dire, de modifier son statut, de se raconter en temps réel, ici et maintenant. L'espace public devient une extension de l'égo, et ça passe pour de l'émancipation.
De plus, faut être très critique envers Facebook, notamment en ce qui concerne la définition de l'amitié qui y est proposée. On apprend dans nos cours de philo101 qu’on définit l'amitié par la philia, l'amour (amical) envers l'autre : cela me pousse à aller vers l'autre et à accepter ses différences. Or, c'est tout le contraire sur Facebook, où l'amitié est produite et mesurée par des tests de compatibilité! De plus, il y a ces clichés dont le but est de mettre le plus de photos possible dans des fêtes : il faut absolument montrer qu'on a une vie passionnante, qu'on a plein d'amis (et d'ailleurs, c'est la loose totale si on n'a pas au moins 400 amis), qu'on est entourés, qu'on s'amuse, quoi. Et puis il faut aussi faire des grimaces sur toutes les photos, si possible!
Et que dire de ces fameux tests dont la plupart d’une absurdité inégalable que de nombreux jeunes de notre communauté effectuent. Certains tests à la limite du sexuel et de la perversion. Par exemple : Quelles femmes sexy t’attires le plus? Quels hommes séduisants sont faits pour toi? Comment embrasses-tu ou encore, comment te considères-tu compétent en couple?
Bref, on est influencé par le phénomène facebook, et la montée de l’individualisme amène son lot de problèmes. L’organisation du travail, du logement, du transport, des loisirs nous enracine aussi dans des habitudes de vie individualistes, la recherche du maximum d’indépendance, du petit bonheur privé et intime (ce qu’on appelle le « cocooning » ) Ainsi, au lieu d’être imposées par les structures d’autorité traditionnelles familiales ou religieuses, les valeurs du monde moderne se distillent à travers les médias, la publicité et toute la culture de la consommation (valorisation de l’apparence physique, de la santé, de l’amour, de l’évasion, de diffusion de stéréotypes sexuel et socioculturel)
Bref, on est dans une société du visuel, on a plus la même notion de pudeur. Le corps est devenu public. Chez les jeunes filles, c'est surtout pour imiter leurs modèles et imiter leurs pairs. Chez les garçons, c’est la fierté, la luxure, ce côté très hyperaméricanisé de la surconsommation. Bref… Il y a place pour de l’amélioration en ce qui concerne la conscience éthique des jeunes de la communauté.
Enfin, je vous dis à la prochaine et je vous laisse sur cette citation de Martin Blais, professeur de sexologie à l’UQAM évoquant la problématique de facebook : « L'adolescence reste une période de découverte de soi. Les désirs émergent et on veut bien paraître dans le regard de l'autre. Il y a un moment où on veut manifester notre sexualité et mettre en valeur son corps. C'est typique de l’adolescence »
Et vous? Qu’en pensez-vous?




Commentaires
En effet l'ampleur que prend Facebook à travers le monde salive bien des dirigeants dans les services secrets nationaux.
Il faut faire attention aux photos que l'on met, aux informations que l'on pose et surtout à la demande des amis que nous acceptons. Je sais que la SPVM (police de Montréal) profite beaucoup de ce système! J'ai moi-même eu accès à leur façon de faire.
Bref, bien intéressant vos liens , n'hésitez pas à sensibiliser vos amis
Au plaisir
Salam
au début, laissez moi vous remercier pour cet article,
il a bien raison M. Martin Blais, ça suffit de voir les photos de profil des gens sur Facebook pour approuver son idée.
En plus, je veux ajouter une idée qui me parait interssante, c'est que le Facebook est utilisé par le CIA et par d'autres associations gouvernementale s et privées pour plusieurs raisons, un petit exemple pour comprendre de quoi je parle: " http://elnashra.com/news.php?lang=2&id=371420 "
et, récemment j'avais lu un article sur ça dans "Sada el Machrek"
voici un exemple qui approuve ce que vous venez d'écrire ci-haut, un petit vidéo, drôle et illustrant la situation:
http://www.geektube.fr/video/delires/facebook-dans-la-realite.html
merci, Salam.